Une foi balbutiante, sa mort est perturbante. Elle est assise auprès de lui, il avait les yeux gris. Un chevet insouciant, elle l'avait connu enfant. Cette action prématurée, un instinct réprimé. Redouté et serein, il est maintenant affamé et à jeun. Je regrette cette perte, révolu il a chu. Un trou noir, une pensée à croire. La cloche sonne, elle décroche le téléphone. Sa voix résonne, il change la donne. Regardes les mots, il est las, il fait le beau, il est là. Son passé, son présent, son avenir. Ce défunt souvenir, ce grand blanc, il court de son plein gré.
Je ne fais que me présenter, d'une histoire, de mon histoire hélas.
Je décide de mon avenir proche, un futur étiolé, dans lequel je suis petit et grandi à la fois. Je me défie de prendre mes souhaits par la souplesse de mes envies. Je me moque. Si j'ai tord, je m'enfuis, si je me donne raison, je m'enfui. Je relate mon précédent, régresse mon présent, m'essuie de mon jour, jour où, dans ma guerre solitaire, je me prévois comme banal. Je ne protège plus ma sociabilité, j'écris ma solitude. Je me comprends, je me compense, je fais mal, je suis mal. Je défends ma sensibilité, j'énonce ma passivité. J'annonce mon retirement, je prends ma suite comme ma persévérance. J'apprend ma claque, mon déterrement, mon action de rien et ma défaite de tout. Je prends mes bons airs et je m'emmerde. Je me suis paisible et rancunier. J'exprime ma déclaration, raccourcis ma ténacité. De mon ampleur de vie je m'esclaffe et me détend de ce déroutement. Je me suis perdu dans mon monde insignifiant, je me suis caché dans mon univers balbutiant. Je me manque à mon innocence, j'emploi mon espérance. Je mange mes feuilles, bois mon impertinence. J'hérite de moi, à mon humble mécontentement. Je m'égorge de parler, je me tue de savourer, j'enfle de ma contenance,
je me suis arrêté là...
Je veux toujours partir, toujours fuir, toujours me démunir de toute cette vie, de ma contradiction.
Je suis l'abstraction négative de moi-même. Nous sauvons nos malheurs par cette paisible amertume. Je me contente de mon mensonge. Pardonnez-moi, amis, car vous avez péché. Je me satisfait de vous deux et de votre attente; je ne suis pas seul, je suis simplement le même plan. Une vie décharnée par mon abomination désolante. Je ne désir pas te répondre, je voudrais que l'on crève, qu'il appui, ce destin. Tout ceci sans encombre, entre bien et mal, une moral qui sonne et un moral qui en prend un coup. Ils sont liés. Nous sommes liés... Je suis le fantôme rongé par son coeur. Je regrette. Ces jours sont lourds, ces jours s'épuisent. Je l'espère. Nous nous sommes déjà tellement confrontés à nous-même. Quelle ironie que notre connerie! Je demeure alors calme et serein, affichant cette image. J'ai juste envie de vous voir partir, vous êtes seuls vous aussi. Tout est meilleur là-bas. Sommes-nous heureux ici et maintenant, seras-tu là pour l'entendre? Enfin je vais pouvoir vivre un peu.
Il est beau cet arbre...
on dirait le Gros Poisson, ce poison qui s'imprègne doucement. Mutation vénéneuse. Je ne suis que ce qui ne me sert à rien, mais j'avance.
Je me suis pendu quel con!
On se demande pourquoi on doit toujours courir après un but spécifique.
J'ai rêvé pour nous. Je nous ai même prit d'une compassion subtile. J'ai défié la folie et tout ses rôles sans jamais voir au-delà de ce nuage. Je nous racontais des histoires, seuls dans le noir, nous ne nous voyions pas, nous nous sentions juste. Je rêve de ce chemin imaginé avec vous deux. Je me créer ma complication personnelle et me détend sur votre esprit productif et, pour en revenir aux autres, je me base sur leur absence, l'absence d'un corps contingent. Je vous regarde vous, puis les autres. Je vois mon avenir possédé. Nous perdons du temps. Nous sommes seuls. Je suis exsangue et j'exsude. Je me promets un fading, pendant lequel le temps aussi s'arrêterait, pendant lequel je nous comprendrais. Mon esprit est une caricature de ma concession du gouffre. Je suis alité et j'ai vu Priape de mes propres yeux ce matin, très tôt ce matin. On cache alors notre condition, l'appelant « mutisme récurrent », il parait qu'on s'y trompe, qu'on s'y fait chier ! Je ne me serais jamais imaginer être assujetti de ma propre vie, je ne pensais qu'à réparer mes plaies, assouvir mes anaplasties...
J'ai vu la mort du lapin blanc en direct ce soir...
Il s'est suicidé le con.Je ne pense pas revenir de loin ni soupçonner une vie sans défaut mais juste pour remettre une valeur en question. Je l'aime et qui sommes-nous, pour autrui et ses semblables. Regardes moi sous cette gerbe, écoeure moi à regret. Je provoque ton animadversion, celui présent et récurent. Je m'habite sous tes airs superficiels pour qu'une partie du monde ne soit pas exsangue de votre perfection oratoire. Regardez-vous à présent, vous n'êtes que peu supportable...
J.